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Tour de l'Amérique du Sud à moto: part X Guayana



Part X Guayana

Note de l'auteur: ce circuit a été réalisé après le tour d'Amérique du sud avec pour objectif de découvrir les 3 Guyanes.

On remet ça ?

3 petites semaines pour un circuit ambitieux qui devrait vous plaire ! Au programme Guyana - Surinam - Guyane française.... ces régions ne vous disent rien? Moi non plus! Nous les découvrirons ensemble. En rouge le trajet raisonnablement réalisable en 3 semaines avec Aller/retour par la même route. En tirets rouges, si j'ai le temps, avec une boucle vers l'Amazone.

carte circuit trois Guyanes

La moto:
Vous la connaissez....KLR de 2013 avec 54740km.

Quoi de neuf pour ce voyage ? Une meilleure préparation que les fois précédentes avec l’apparition de portes bagages latéraux très pratiques. Ceux ci sont fabriqués par Pelican et réputés indestructibles.

L’ancien chargement :

ancien chargement bagages moto tour Amérique du sud

Le nouveau chargement :

nouveau chargement baggages moto tour Amérique du sud

J’ai également ajouté une petite pharmacie ( !) avec l’essentiel ...acétaminophène, Lopéramide et Nitaxozanida ! Ce n’est pas grand chose mais toujours mieux que rien (dixit les précédents voyages).

Les difficultés du parcours ? Elles débutent dès à présent avec la « fameuse » piste entre Boa Vista (Brésil) et Georgestouwn (Guyana - Guyane anglaise ). Une piste en terre qui traverse une foret presque vierge avec parait il des ornières gigantesques, des policiers corrompus, des pirates de la route...le tout sans station essence ni où dormir !

Jour 3 01/09/2014 KM1722 Santa Elena (frontière Venezuela/Brésil) – vers Boa Vista (Brésil)

TERRIBLE journée....espérons que ce soit la pire du voyage !

Grâce matinée ce matin, réveil à 07h00AM ...beaucoup mieux que les 05h30AM des jours précédents ! Vérification journalière de la moto, tout est ok. Je réussi même à faire le plein d’essence en passant devant une queue d’une heure...dont seuls les Vénézuéliens détiennent le secret. Direction le poste frontière du Brésil. Les papiers sont faits relativement vite, Mercosur oblige, les démarches de la moto sont très simples.

Me voila « à toute vapeur » au guidon de mon KLR...100km/h à 4500RPM, sa vitesse de croisière. A peine quelques kilomètres me séparent de la frontière que le moteur tousse. Rien de bon. J’ai 250km devant moi sans rien, pas une ville, pas une station essence. Le moteur ne tient plus le ralenti mais obtient de belles performances à plus hauts régimes. Le verdicts tombe vite, j’accuse le carburateur et l’essence que je viens de mettre dedans. Pour passer la frontière avec le Venezuela, les jerrycans d’essence sont interdit. Je l’ai donc vider juste avant le poste frontière dans le réservoir, celui ci était « contaminé ». Un peu de « starter » aide à maintenir le ralenti... décision est prise, je continue.

Arrivé à Boa Vista, le problème persiste et la traversée de la ville rend les choses compliqués. Je ne me vois pas non plus débarquer dans un hôtel et démonter la moto sur place. Encore une fois, je décide de continuer mon chemin vers Bonfim, le ville frontière avec le Guyana...je verrai ce soir ce que je peu faire.

Mais voila...le problème étant de plus en plus persistant, ne sachant pas si je pourrai trouver un endroit tranquille pour démonter la moto ce soir...je décide un endroit en pleine pampa pour m’arrêter sous un toit en tôle, à l’ombre du soleil qui brûle. Il est 13h.

J’entreprend le démontage du carburateur. Relativement sure de moi, je démonte l’ensemble en moi de 30min et vais droit au but. La bête est rempli de « merde », de sable etc un bon nettoyage était nécessaire ! Avec tout autant d’assurance je remonte le tout...démarre...je meure ! Le problème n’a pas été résolut. J’insiste...la batterie donne rapidement des signes de faiblesse...je redémonte !

Deuxième démontage et même résultat. Je meure de soif, il fait 34°C à l’ombre, l’heure tourne, le soleil baisse, je suis seul au milieu de nul part...lorsque des indigènes venant de « je ne sais où » s’assoient à cote de moi et m’observent. En bon public, ils gardent un silence absolue en me voyant me débattre avec cette machine. L’un d’eux se rend vite compte que ma soif est désormais intenable et me sort – de je ne sais où- de l’eau fraîche. MERCI !

Nouvel essai de la moto – RIEN – la batterie presque HS et le soleil qui se couche. « Mes » indigènes me glissent en douceur qu’ils m’inviteront volontiers – un réel réconfort - dans cette opération à cœur ouvert que me rappel à l’ordre. Projet trop ambitieux ? Une boucle gigantesque en 3 semaines et déjà , après 3 jours, je ne suis pas capable de réparer ?

Je reste perplexe. Il reste deux visses du carburateur que je n’ai pas démonté. Il s’agit du « cut off » pour éviter les explosions à l’échappement en décélération. Ce truc ? Ca sert à rien. Mais puisque c’est l’unique chose que je n’ai pas encore démonté, j’y vais. Cette « valve » est équipée du plus petit joint du carburateur – qui bien sûre maintenant que la nuit est proche – va tomber quelque part derrière le démarreur. J’implore dieux, j’ai faim, je suis stressé, mon voyage ne tient qu’a un file, je ne sais pas où dormir, ce joint sera de toute évidence introuvable...il faut le trouver.

Par chance, celui ci apparaît sous les dernières lueurs du jour. J’en profite pour casser le filtre à essence...rien ne va plus...je crois que j’en ai un quelque part... Il faut que je me fasse à l’idée d’abandonner ? De réparer mais où ? Par qui ? J’ai la plus grande méfiance des pseudos mécaniciens qui abîment plus qu’ils ne réparent, un peu comme moi en ce moment. Il fait désormais nuit. Je me suis fait à l’idée de dormir avec mes « très » discrets indigènes. Je remonte « à la va vite » afin de limiter le risque de perdre des pièces. Il fait désormais nuit noire, je remonte les bagages. Je fais un essai de démarrer le moteur pour rapprocher la moto de la où j’imagine que vit cette tribus. BROUMMMMM le moteur part au quart de tour, comme si de rien. Je cris de joie ( et ceux qui me connaissent savent que c’est pas fréquents !)...j’embrasse mes indigènes, les remercie de leur présence...ils ont été toujours là, pendant d’interminables heures, à m’observer. Des adieux très chaleureux, je reprend la route, n’osant pas leur demander l’hospitalité maintenant que le moteur marche.

2h plus loin, Bonfim apparaît. Une ville fantôme, rues en terre...où vais dormir ? Très vite on m’informe que le route de Georgestouwn est un désastre...mais ça c’est pour demain !

La moto en pièce :

panne moto tour Amérique du sud

Le carburateur « à plat » :

démontage carburateur tour Amérique du sud

Jour 4 02/09/2014 KM2080 Bonfim (Brésil) – Vers Georgestouwn (Guyana)

Une journée qui débute par les formalités administratives pour rentrer au Guyana. Le verdict tombe presque immédiatement : « si vous êtes français, votre moto doit être française, vous ne pouvez pas rentrer au Guyana avec une moto du Venezuela! ». A peine ébranlé, je garde mon sourire, sur la vague de bonne humeur que m’a donné le moteur ce matin après un démarrage au quart de tour ( en référence aux problèmes d’hier). Peu importe me dis-je, j’irai ailleurs. Le douanier, surpris de ma réaction me laisse mijoté une heure. Rien n’y fera, plusieurs voyageurs au long court m’ont prévenu des formalités hasardeuse de ce pays, mon sourire est au beau fixe. Plus tard, celui ci revient et me dit qu’il attend un appel de la capital...2 heures passent et l’appel arrive. Ok, tu peux rentrer, mais pour 3 jours maximum et avec un « report » obligatoire à la police de Georgetouwn.

A la question tant attendu...avez vous une assurance, je sors ma fausse vraie assurance...rien n’y fera, le policier ne tombera pas dans le piège et il m’en coûtera 15 Euros pour me mettre en règle, un moindre mal. Ma fausse vraie assurance, c’est celle du Venezuela . Une vraie assurance, légale mais...pas valide hors Venezuela. D’ailleurs il me faudra en trouver une en Guyane française...si quelqu’un connait ?

Le premier truc qui cloche au Guyana...c’est qu’ils roulent à gauche. Je suis totalement désorienté ! En plus ça parle anglais (ex Guyane anglaise)...dépaysement assuré. Les Guyanais sont des gens très « cool » et souriants. Je suis agréablement surpris. Plusieurs fois je roule à droite...les conducteurs sourient et me laissent passer...

Et notre fameuse « route » vers Georgetouwn ? 550km ? Pffff...TROIS JOURS....si tout va bien ! Ca promet !

La journée en photo :

Panneau de bienvenue au Guyana :

frontière Brésil Guayana

Après Lethem, une toute petite ville frontalière sans intérêt, une belle piste débute :

piste Lethem Georgetown Guayana

Un pont comme j’en rencontrerai plusieurs dizaines :

pont piste Lethem Georgetown Guayana

La photo du jour :

piste Lethem Georgetown Guayana

La piste se gâte :

trou piste Lethem Georgetown Guayana

Au loin la pluie :

pluie piste Lethem Georgetown Guayana

Qui transforme très vite la piste :

piste Lethem Georgetown Guayana

L’approche de la forêt :

piste Lethem Georgetown Guayana

forêt piste Lethem Georgetown Guayana

Tois jour là dedans ? COOL !

boue piste Lethem Georgetown Guayana

Là nous avons deux minis bus (Toyota !) pris au pièges...qui attendent un camion depuis des heures pour les sortir du bourbier. La nuit, toute proche, ils devrons dormir tous à l’intérieur du bus ! Sympa, ils m’aident à passer la moto. Les bagages latéraux montrent leur première limite : ils frottent hardûment de chaque côté des ornières rendant la difficulté encore plus grande. L’avantage, c’est que l’on peu tout lâcher, la moto reste debout !

bus Lethem Georgetown Guayana

Il est 17H30 et la nuit est toute proche. « Arrivée » au fleuve Essequibo où je trouverai pour dormir et me doucher (par hazard !). J’ai fait la moitié du trajet en 7h de route.

traversée Essequibo Lethem Georgetown Guayana

Jour 5 03/09/2014 KM2330 Fleuve Essequibo – Vers Georgestouwn (Guyana)

Comme je le disais hier, le Guyana c’est dépaysant. Perdu en pleine forêt, mon petit restaurant/hôtel restera super bruyant toute la nuit. Musique, bavardages...visiblement le rythme de vie est très différent du mien ! Ce matin, arrivent les deux minibus bloqués la veille au soir dans un bourbier. 26 passagers sortent de leur transport remarquablement « frais » après avoir passé la nuit entassé les uns sur les autres. Immédiatement, le volume de la musique monte...les bières aussi !

250km m’attendent pour rejoindre Georgetown et un départ matinal ne sera pas superflue : 05h30AM, le soleil est déjà levé depuis presque une heure. Je prend soin, avant de partir, de vider le jerrycan – toujours le même - dans le réservoir. 30km plus loin, le carburateur se bouche encore une fois. Un peu con non ? Je décide de continuer tant bien que mal. Les ornières, ni de poules etc auront raison du tout et 1h plus loin il se débouche tout seul !

La journée en photos :

Au départ ce matin :

piste Lethem Georgetown Guayana

Les bottes resteront sèche ? 5cm ou 1 mètre de profondeur ?

boue piste Lethem Georgetown Guayana

Là, j’ai les pieds mouillés !

boue piste Lethem Georgetown Guayana

Georgetown, capital du Guyana. Ville relativement désorganisée mais pas trop, sale...mais pas trop...maisons colorées, en bois, souvent sur pilotis pour éviter l’humidité en saison des pluies. L’architecture rappel les construction coloniales. Il n’y a pas de grand édifices. Les gens sont souriants, agréables et aimables. Très curieux du blanc à moto !

Les contrôles policiers se succèdent les uns derrière les autres y compris en pleine foret. J’ai la tête de celui que sera arrêté à chaque fois. Mes papiers sont en règles et bien organisés, je ne souffre pas ou très peu de corruption. Globalement, je suis agréablement surpris. Le coût de la vie reste relativement élevé par rapport au nord du brésil par exemple. Demain, programme des moins passionnants...je dois faire un visa pour le Surinam et passer à la douane pour un « Report » obligatoire.

Jour 6 04/09/2014 KM2580 Georgestouwn (Guyana) – En attente de visa pour Surinam

Course après les papiers avec visa pour le Surinam, prolongation de 3 jours pour la moto, recherche d’assurance pour notre Guyane française (sans solution pour le moment) et hop en route vers la Corriverton, ville frontalière entre Guyana et Surinam (Guyane Hollandaise).

Quelques photos :

Une église de Georgetown :

centre ville Georgetown Guayana

Guyana beach...on ne se déplace jusqu’ici pour les plages ! Les rivières d’amazonie se déversent plus au sud et les forts courants ramènent tous les sédiments :

plage centre ville Georgetown Guayana

Une rue du centre ville dans un quartier résidentiel...ça respire la tranquilité :

centre ville Georgetown Guayana

Jour 7 05/09/2014 KM2750 Corriverton (Guyana) – Paramaribo (capital du Surinam)

Une journée...qui sera vite oubliée ! Après avoir dormi à Corrivertown dans un charmant hôtel, j’arrive au terminal de Ferry à l’heure d’ouverture, soit 06H30AM. Contre toute attente, la procédure de sortie de la moto du Guyana est réalisée en quelques minutes...ça tombe bien j’espère arriver à midi à Paramaribo. C’était sans compter sur l’interminable queue pour acheter un billet dans le ferry et l’immigration , puis l’attente du ferry qui fait deux aller/retour tous les matins, puis la traversée (40min)... la queue interminable côté immigration du Surinam etc. Bref, arrivé à 06H30AM, je suis « libre » de rouler au Surinam à 14h !

Le Surinam, un pays bien plus développé que je ne l’aurai imaginé. La route principale est en bonne état, les voitures récentes, une production agricole qui semble bien gérée. Paramaribo est une ville agréable et propre.

Le ferry entre Guyana et Surinam :

Ferry Surinam Guayana

Arrivée au Surinam

Ferry Surinam Guayana

J'en profite pour jeter une bouteille à la mer. J'ai parcouru en 13 mois, avec de nombreuses poses, 57000km dans toute l'Amérique du sud avec ma moto. Le tout dernier pays non visité est la Guyane française. Tous les autres ont été traversés plus ou moins vite, par les petites routes et chemins de traverses.

Je traverserai demain samedi vers 16h à saint Laurent du Maroni le bac et je me retrouve fasse à un vide technique et juridique". IMPOSSIBLE de trouver une assurance pour traverser mon pays avec ma moto immatriculée au Venezuela. J'ai demandé chez 3 assureurs du Guyana qui me renvoient vers le Surinam. Au Surinam Assuri et Self Reliance (Maatschappij) refusent d'assurer une moto en Guyane française. J'ai fait appel à un assureur recommandé par Pierre (consul honoraire au Guyana) à Cayenne avec le même refus.

Dure d'accepter que le dernier pays, qui est le mien me refuse d'entrer pour une histoire d'assurance. Si quelqu'un a une solution...car au passage de la douane on me demandera de justifier de ce papier et revenir sur mes pas sans y rentrer serait une grande déception!

Jour 8 06/09/2014 KM3111 Paramaribo (Surinam) – Saint Laurent du Marroni